mercredi 21 octobre 2026
‎Litige foncier : Bataille juridique et de périmètres autour du site Anyama 4 Croix

‎Litige foncier : Bataille juridique et de périmètres autour du site Anyama 4 Croix

‎​Au cœur de cette crispation se trouve la gestion d'une vaste assiette foncière. D'un côté, le PDG de Sophia SA, Touré Ahmed Bouah qui revendique des droits découlant d'une cession par l'État ivoirien portant sur une superficie de 300 hectares pour des projets d'aménagement dans les zones d'Anyama-Adjamé et d'Anyama-Ahouabo, communément appelé « 4 croix ».

‎De l'autre, la partie adverse représentée par l'ESTP et les familles coutumières signataires de conventions de mise en valeur font valoir des investissements colossaux, estimés à hauteur de 1,79 milliard de francs CFA, et pointent des empiètements ainsi que des irrégularités. Selon la structure d'aménagement foncier et ses partenaires, les actions menées par Sophia SA porteraient atteinte à leurs droits acquis sur le terrain.
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‎​Une expertise indépendante mandatée pour départager les antagonismes est venue complexifier les débats. Les conclusions brandies par la direction de Sophia SA indiquent que les 300 hectares initialement confiés ou exploités par l'ESTP ne correspondraient pas rigoureusement à la zone effectivement aménagée, soulevant ainsi un litige de superposition de périmètres.
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‎Éclairages et précisions de terrain
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‎​Interrogé sur place à la suite de la visite de terrain du ce jeudi 10 septembre 2026, M. Soumahoro Mory, Directeur Général de l'entreprise ESTP, est revenu en détail sur le processus d'aménagement des 72 hectares initialement intégrés dans un ensemble plus vaste de 346 hectares. Il a expliqué avoir personnellement mené un travail rigoureux de délimitation légale avec chaque famille propriétaire, notamment les huit familles concernées, afin d'éviter toute contestation future.
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‎Selon ses déclarations, les procès-verbaux de famille et les versements d'indemnités nécessaires ont été scrupuleusement réglés auprès de la chefferie, pour un montant total de 7,2 millions de francs CFA, à raison de 100 000 francs CFA par hectare, avant d'être confrontés à des superpositions de mandats suite à l'intervention de M. Touré Ahmed Bouah. Malgré ces complexités et les accusations de doublons de lots portées à son encontre, le Directeur Général de l'ESTP affirme avoir régularisé l'ensemble des attributions et collaboré en toute transparence avec les autorités coutumières et les notaires pour sécuriser les parcelles.
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‎​De son côté, la représentante de la famille Amon a pris part aux échanges pour clarifier la position de sa lignée dans cette affaire foncière, confirmant l'implication des différents ayants droit dans les démarches de délimitation et de régularisation menées sur le site. Ainsi, elle a exigé au mis en cause Touré Ahmed Bouah, l'acquittement d'un paiement important ( un peu plus d' 1 milliard ) à l'endroit de toutes les familles concernées du fait de la cession de plusieurs centaines d'hectares de leurs parcelles.
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‎​Enfin, Dame Ouattara Ahoua, partenaire financier de l'ESTP, a exprimé de vive voix son plein soutien au jeune entrepreneur M. Soumahoro Mory. Intervenant en tant qu'investisseur extérieure, elle a insisté sur l'importance de préserver la sécurité des investissements colossaux engagés sur le terrain. Elle a lancé un appel pressant aux autorités compétentes, et particulièrement à M. Alassane Ouattara, afin qu'un regard attentif soit porté sur ce dossier pour dénouer les tensions sécuritaires et financières qui pèsent sur les partenaires et les investisseurs de la zone.
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‎ Les révélations d'un ancien collaborateur
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‎​Dans le même sillage, M. Kouassi, présenté comme un ex-collaborateur de Touré Ahmed Bouah ayant travaillé à ses côtés durant plus de 25 ans et connu sous le nom de Jimmy, est intervenu pour apporter un témoignage accablant. Selon ses déclarations, sur une assiette foncière globale de 600 hectares concernée à Ahouabo, Touré Ahmed Bouah n'aurait effectivement réglé qu'un seul et unique hectare auprès des familles détentrices de droits, laissant en suspens l'immense majorité des paiements tout en affirmant faussement être en règle. M. Kouassi soutient que le travail mené par l'ESTP sur ses périmètres repose sur des accords formalisés et des versements effectifs auprès des ayants droits locaux, contrairement aux méthodes reprochées à la direction de Sophia SA qu'il accuse de fausses déclarations financières envers les populations villageoises.
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‎La position de la chefferie et les accusations d'anarchie sur le terrain
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‎​L'implication des propriétaires terriens et des autorités coutumières apporte un éclairage déterminant sur la crise. L'honorable Amon Siméon, chef du village d'Anyama Adjamé Les 4 Croix, est monté au créneau aux côtés de Touré Ahmed Bouah pour clarifier la position de la communauté villageoise.
‎​La chefferie a formellement dénié toute caution aux opérations contestées menées par le camp de Mory Soumahoro.
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‎Selon les représentants coutumiers, des correspondances officielles avaient pourtant été émises pour exiger l'arrêt immédiat de toute transaction ou activité sur une portion ciblée, notamment une assiette d'environ 72 hectares, afin de préserver les droits patrimoniaux des familles. Le maintien d'opérations de commercialisation de lots malgré ces injonctions a été qualifié par les tenants des droits coutumiers de source d'anarchie, motivant leur volonté de remettre de l'ordre sur les terres ancestrales.
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‎​Vers une judiciarisation à double volet
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‎​Face à l'enlisement de la situation et à l'échec des conciliations amiables, la confrontation s'est déplacée sur le terrain judiciaire et financier. ​ L'ESTP et ses partenaires ont enclenché une offensive judiciaire en saisissant le Pôle pénal économique et financier. Des accusations graves, portant notamment sur des soupçons de faux et usage de faux, ont été formulées à l'encontre de Sophia SA, ciblant directement la validité de certains documents administratifs et topographiques.
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‎​La riposte et la saisine commerciale et civile
En réponse, Touré Ahmed Bouah a balayé d'un revers de main ces accusations, mettant au défi ses contradicteurs de brandir des preuves matérielles tangibles et d'attaquer les conclusions du rapport d'expertise technique sur un plan scientifique. Tout en réclamant la production des pièces justificatives précises fondant les accusations de faux, le patron de Sophia SA a annoncé son intention de saisir les juridictions compétentes, dont le tribunal de commerce, afin de clarifier les termes des mandats, d'auditer les montants réclamés, d'obtenir éventuellement la révocation des mandats initiaux et de statuer définitivement sur les limites territoriales.
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‎​Ce nouveau feuilleton foncier à Anyama Adjamé Les 4 Croix illustre une fois de plus la fragilité des transactions sur les terres périurbaines d'Abidjan, où s'entremêlent arrêtés administratifs, conventions coutumières et investissements privés. L'issue de ce dossier dépendra désormais des arbitrages que rendront les institutions judiciaires saisies, seules habilitées à départager les prétentions techniques et financières des protagonistes.
 
‎JM L’Eveilleur

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