Ce qui a mis le feu aux poudres
Le meeting du samedi dernier, à l'en croire, avait effectivement bien commencé. La délégation de la direction du Fpi, composée de Laurent Akoun, Marie Odette Lorougnon, Koua Justin, Augustin Guehoun, était bien en place. Les militants et sympathisants de l'ancien régime, note le député, affluaient sur la place du meeting. L'ambiance était à la fête, avec des chants et danses de campagne de La Majorité Présidentielle (LMP). Au niveau des interventions, le mercure va monter d'un cran. Après le mot de bienvenue du fédéral Fpi d’Abidjan sud, Koua Justin, secrétaire national par intérim de la jeunesse du parti de la Refondation, a pris la parole. En des termes crus, il a dénoncé « les travers du pouvoir d'Alassane Ouattara », faisant toutefois remarquer que « le seul et unique président élu par le peuple et investi par le conseil constitutionnel, c'est Laurent Gbagbo ». M. Koua, sur sa lancée, rappelle les événements du 11 avril 2011, accusant la force française Licorne et celle de l'Onuci d'avoir démis Gbagbo et installé Ouattara. Aussi l'actuel patron de la Jfpi appelle-t-il à la mobilisation pour mettre fin à ce qu'il considère comme « la dictature d'Alassane Ouattara ». Il n'en fallait pas plus pour susciter la colère. Premier signe, la coupure du courant. Renseignements pris, selon le député Yao Yao, le fil d'alimentation a été coupé, par un individu. Second signe, après la reparation du courant, les chants hostiles à Laurent Gbagbo se font entendre, suivis de jets de pierre et le saccage des installations. Les cadres, militants et sympathisants du Fpi ont dû quitter les lieux à la sauvette. « J'ai pourtant pris toutes les dispositions, exactement les mêmes dispositions que pour le meeting du 4 septembre dernier. Nous avons informé le 29 septembre dernier le commissariat du 20è arrondissement. Malheureusement, on ne les a pas vus», a déploré le député, soulignant que ses camarades et lui sont en train de réunir les preuves pour porter plainte.
Hamadou ZIAO in L'Inter


