jeudi 22 octobre 2026
​Lutte contre l’orpaillage illégal : les préfets s’engagent à éradiquer le phénomène en six mois

​Lutte contre l’orpaillage illégal : les préfets s’engagent à éradiquer le phénomène en six mois

 Les préfets de Côte d’Ivoire se donnent six mois pour éradiquer l’orpaillage illégal et criminel dans leurs circonscriptions administratives. Cet engagement majeur a été pris à l’occasion de l’Atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, tenu à Yamoussoukro du 3 au 5 septembre 2026, et traduit la volonté des autorités ivoiriennes de renforcer la lutte contre ce phénomène qui constitue une menace pour l’environnement, la sécurité et le développement économique et social du pays.

Au terme de cette rencontre, les représentants de l’État dans les différentes circonscriptions administratives ont été appelés à intensifier les actions de terrain et à assurer un suivi rigoureux des mesures arrêtées. L’objectif est clair : accélérer le démantèlement des activités d’orpaillage illégal et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

Parmi les dix axes prioritaires retenus figure la réalisation et la transmission systématique de la cartographie des sites légaux et illégaux, ainsi que des fichiers biométriques des différents acteurs impliqués dans l’activité aurifère illégale, notamment les employeurs illégaux, les commerçants et les financiers. Ces données devront être mises à la disposition du Conseil national de sécurité (CNS) et des autorités préfectorales afin de permettre une meilleure connaissance du phénomène et de renforcer la coordination des interventions.

Autre mesure forte : la création et le déploiement, dans un délai de deux mois, de 21 pelotons de sécurité fluviale du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI). Ces unités auront pour mission d’assurer la surveillance des quatre grands fleuves du pays et de leurs affluents, avec pour objectif d’apporter une réponse dissuasive, coordonnée et continue aux activités clandestines qui s’y développent.

Cette volonté d’agir avec fermeté a été clairement exprimée par le ministre, Secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité, Directeur de cabinet du Président de la République, Fidèle Sarassoro Gboroton.
« Notre pays ne peut accepter que des individus ou des réseaux organisés viennent dégrader nos terres, polluer nos cours d’eau, détruire nos forêts et compromettre notre avenir économique, environnemental et social. Ceci est inacceptable ! (...) En Côte d’Ivoire, aucun territoire, aucune localité ne doit échapper à l’autorité de l’État et aucune ressource naturelle nationale ne doit être exploitée par des hors-la-loi », a-t-il martelé.

Des propos qui traduisent la détermination des pouvoirs publics à ne laisser aucun espace aux réseaux d’orpaillage illégal et à leurs ramifications. La fermeté affichée à Yamoussoukro marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie nationale de lutte contre ce phénomène.

Cette rencontre a réuni plusieurs membres du Gouvernement, notamment Jean Sansan Kambilé, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Jacques Assahoré, ministre des Eaux et Forêts, Abou Bamba, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, et Diomandé Vagondo, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Étaient également présents Eugène Aka Aouélé, président de l’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), ainsi que le président de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels.

Marie Kouadio

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